Anne-Sophie et moi étions à l'opposé l'une de l'autre. Moi, casée, des enfants, genre classique. Anso, libre comme l'air, pleine de fantaisie, de sarcasmes et de distances par rapport aux choses de la vie. Ce qui fait que nous n'étions pas toujours d'accord, mais nous nous sommes rejointes sur d'autres questions. Le hockey nous réunissait chaque lundi soir, pour les matches le week-end, nous avons fêté nos anniversaires ensemble en novembre. Nous parlions de tout, parfois de rien en même temps. C'est là que c'est terrible pour moi, cette chose, car j'ai vu, j'ai su, je n'ai rien vu et je n'ai rien su. J'ai admis son entière liberté à être elle-même, ses angoisses, sa vie quotidienne, ses rires. C'était mon plaisir. La voir aller. Parfois un peu frustrant, parfois désopilant. Mais elle est une belle histoire pour moi, je la garde comme telle dans mon coeur, dans mon esprit. A une fille discrète. J'observe en sa mémoire le silence.





